Travaux |
La création du Réseau s'inscrit donc dans un contexte marqué par la faiblesse des dispositifs d'information qui ne permettent pas aux donateurs d'identifier correctement les volumes d'aide alimentaires qu'il convient de mobiliser. Ces donateurs ne disposent pas d'espaces de concerta-tion leur permettant de coordonner leurs interventions et par conséquent d'améliorer l'efficacité globale de l'aide alimentaire. Les structures nationales ne sont pas non plus organisées dans le Sahel pour fournir une analyse globale des risques et des besoins alimentaires, et à fortiori pour coordonner l'intervention des multiples donateurs.
Le Réseau va agir dans plusieurs directions.
L'information
Il sera d'abord un espace de confrontation de l'information au sein duquel vont se retrouver les principaux systèmes d'information :
Auxquels vont se joindre les experts des agences qui disposent de leurs propres sources d'information, en général assez qualitatives.
Ainsi, chaque année la réunion du réseau est mise à profit pour confronter l'information sur les productions et les bilans céréaliers, les zones et les groupes vulnérables, etc.
Par la suite, le Réseau impulsera un travail important d'amélioration des méthodologies, en lien avec différents projets de développement des systèmes d'information nationaux et régionaux. À titre d'exemple, le projet « Diagnostic permanent (DIAPER) » va permettre d'approfondir et de tester des méthodologies d'enquête agricole, d'évaluation des productions, des stocks...
La collaboration entre le CILSS et la F.A.O. va permettre d'améliorer sensiblement la conception du bilan céréalier. D'autres projets mis en œuvre au niveau national vont permettre de tester des méthodologies de suivi des marchés, d'évaluation de la vulnérabilité, etc.
Les travaux sur les méthodologies des systèmes d'information et leur harmonisation vont ensuite se développer dans le cadre d'un « groupe de réflexion sur les systèmes d'information pour la sécurité alimentaire dans le Sahel (SISAS) » ; dans un contexte où, au début des années 1990, de nombreux dispositifs d'information se mettaient en place indépendamment les uns des autres, sans coordination.
Cette initiative répondait ainsi à un besoin important de capitalisation et de partage des méthodologies. L'objectif était alors de « renforcer la concertation entre les différents systèmes d'information tant au niveau national, qu'international, pour arriver à une cohérence d'ensemble de tous ces mécanismes d'information et faciliter une pérennisation de ces systèmes et leur prise en charge par les Sahéliens ». Ce groupe a travaillé de juillet 1994 jusqu'à la publication d'un document centré sur le diagnostic et les perspectives des dispositifs d'information, publié en 1999 par le Club du Sahel et le CILSS. Ce travail s'est appuyé sur un état des lieux des systèmes existants dans les différents pays et une analyse des méthodologies mises en œuvre.
La réflexion sur les méthodologies est désormais cristallisée autour du travail conduit sur le « cadre harmonisé d'analyse permanente de la vulnérabilité courante au Sahel ». Elle illustre bien le fait que la problématique de la sécurité alimentaire s'est déplacée d'une approche centrée essentiellement sur les disponibilités à une approche qui accorde une place croissante à l'accès à l'alimentation des populations.
Les prix et leurs déterminants
Au cours des dernières années des investigations ont eu lieu afin d'améliorer la prise en compte des indicateurs de marché. Il s'agit d'une part d'améliorer la compréhension du fonctionnement des marchés : identification plus fine des facteurs déterminants l'évolution des prix, analyse des interconnexions entre les marchés au sein de la sous-région, liens entre marchés côtiers et mar-chés sahéliens, etc. Il s'agit d'autre part de tester la possibilité d'exploiter les données du marché et les séries historiques pour améliorer le diagnostic sur l'évolution probable de la situation alimen-taire (évolution probable des prix à court terme, degré d'approvisionnement des marchés, impact sur l'accessibilité pour les consommateurs). Les investigations conduites dans le cadre du Réseau avec l'appui du Club du Sahel ont porté sur trois pays bénéficiant de séries longues de données sur les prix des céréales sur les marchés de production et de consommation (Mali, Niger, Burkina Faso). Les outils mis au point sur ces trois pays sont actuellement en phase d'internalisation et d'extension à l'ensemble des pays membres du CILSS.
La charte de l'aide alimentaire
C'est incontestablement un des chantiers les plus importants portés à l'actif du Réseau. Comme cela a déjà été évoqué, les dysfonctionnements de l'aide et ses impacts jugés trop souvent négatifs sont à la base de la création du Réseau. Très vite germe l'idée d'un code de bonne conduite permettant de rationaliser la gestion de l'aide, et engageant tant les donateurs que les bénéficiaires. La maturation de ce projet va prendre plusieurs années et il aboutira en 1990 à Bissau à son adoption par les bailleurs et donateurs. Pour en savoir plus sur la charte (lien vers rubrique charte de l'aide alimentaire)
Le réseau de prévention des crises alimentaires a pour but l’amélioration de la situation alimentaire en Afrique. Consultez les stratégies élaborées pour combattre la malnutrition en Afrique et la famine au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso, etc.