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Les politiques



Les politiques visant à prévenir et à gérer les crises alimentaires ont connu de profondes évolutions durant les dernières décennies. Au lendemain de la grande sécheresse de 1973-74, elles consistaient essentiellement en des distributions gratuites d'aide alimentaire par les organismes publics et parapublics. Progressivement, sous l'effet de la libéralisation économique et de la réorientation des politiques d'aide alimentaire des principaux donateurs, elles se sont transformées. Aujourd'hui, la plupart des dispositifs nationaux de prévention et gestion des crises alimentaires au Sahel sont constitués de trois composantes : information, concertation/coordination et intervention.

La composante « information » repose sur plusieurs systèmes d'informations, focalisés sur un ensemble de paramètres (production agricole, météorologie , marchés, situation sanitaire...), dont le degré de coordination est variable selon les pays).

 

La composante « concertation/coordination » se caractérise, dans la plupart des pays, par l'existence d'instances paritaires réunissant les représentants de l'État et ceux des donateurs impliqués dans ce domaine. Ces instances ont notamment pour mandat de gérer un, ou plusieurs, fonds commun(s) spécifique(s) à la politique de sécurité alimentaire à court terme. Leur positionnement institutionnel est variable : cabinet du Premier ministre, ministère des Finances, ministère en charge du Développement rural... Elles sont relativement peu ouvertes aux organisations de la société civile (ONG, organisations socio-professionnelles) qui, pourtant, jouent un rôle de plus en plus important dans l'atténuation des crises alimentaires et parviennent difficilement à impliquer les administrations locales dans leurs décisions.

 

La composante « intervention » comprend dans presque tous les cas un stock physique de sécurité, mobilisé pour des distributions gratuites (proportionnelle à l'ampleur des crises) et des ventes à prix subventionnés. Ce stock physique est souvent complété par un ou plusieurs fonds, destinés à financer :

  • en année de crise alimentaire grave, les premières importations de céréales et les distributions gratuites indispensables ;
  • en cas de crises alimentaires plus limitées, des actions d'atténuation des crises telles que des chantiers à haute intensité de main d'oeuvre (rémunérés en salaire journalier contre travail ou en vivres contre travail) : actions de lutte contre l'érosion, aménagement de bas-fonds, entretien de pistes, etc. ; l'approvisionnement des banques de céréales, la mise en place de cultures de contre saison, l'approvisionnement du bétail en sous-produits...

Jusqu'à présent, ces fonds sont gérés de manière centrale sous la responsabilité des instances de concertation entre l'État et les donateurs. Dans de nombreux cas, la coordination entre les interventions qu'ils financent et celles financées par les ONG ou par certains donateurs publics en dehors du dispositif de concertation est faible. Et l'impact de ces actions visant à prévenir ou atténuer les crises alimentaires est rarement mesuré.




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