Accueil > Mieux comprendre > Informer et alerter > Le bilan céréalier

Français - Anglais


Le bilan céréalier



Le bilan céréalier est un outil élaboré dès le début des années 80 pour répondre précisément aux constats formulés par le CILSS et les donateurs. Son objectif est de bien quantifier le disponible céréalier et les déficits et de préciser les besoins réels d'aide alimentaire en s'appuyant sur une information fiable.

Longtemps appuyés au niveau régional du CILSS par le projet DIAPER (de 1984 à 2000) et avec la collaboration de la FAO (SMIAR), ils se construisent chaque année pour chacun des neufs pays et relèvent des services nationaux de la statistique agricole.

Le bilan céréalier s'appuie sur deux grands types de dispositifs : L'enquête agricole propre-ment dite et le suivi du déroulement de campagne, qui alimentent la construction du bilan céréalier.

Le bilan céréalier prévisionnel est élaboré dans une perspective de prévention des crises analysées en terme de structure de l'approvisionnement céréalier du pays. Il s'appuie donc sur des données estimées et non pas sur des données mesurées. Ce prévisionnel est établi dès le mois d'octobre et fait l'objet d'une concertation régionale. À cette date, qui se situe au moment des récoltes des céréales sèches, l'offre céréalière (les « ressources ») est composée de trois grands chapitres et estimée sur la base suivante :

  • estimation des rendements et de la production à partir des déclarations des paysans, interrogés en fin de d'hivernage, en respectant l'échantillonnage de l'enquête agricole ;
  • estimation des stocks initiaux ou d'ouverture : ceux-ci sont en fait les stocks finaux du bilan définitif de l'année précédente. Ils comprennent les stocks paysans suivis dans le cadre de l'enquête agricole et les stocks publics - les stocks nationaux de sécurité ;
  • estimation des importations commerciales et des aides alimentaires, notamment les «aides-programmes ». Du côté de la demande céréalière ou des « emplois », figure la consommation, les pertes et les provisions pour semences, ainsi qu'une estimation des stocks finaux ou de clôture.

Le bilan prévisionnel est ensuite réajusté entre janvier et mars, lorsque les résultats de mesures de rendements effectués dans le cadre de l'enquête agricole sont connus.

C'est à la fin de la période de soudure que sera établi le bilan définitif ou ex-post. Dans ce bilan, les stocks finaux ou de clôture constituent les stocks initiaux ou d'ouverture du bilan prévisionnel de la campagne suivante.

Les estimations de productions constituent le paramètre déterminant de l'offre céréalière. Bien entendu, l'appréciation du niveau des stocks entre aussi dans la batterie d'information souhai-table pour apprécier la capacité des ménages ruraux à affronter une baisse de la production.

Le bilan céréalier fournit donc une vue « macro » de la situation alimentaire d'un pays pour une année donnée. Il permet d'appréhender l'ampleur de l'écart entre la production nationale de céréales et la consommation total en rendant compte des disponibilités alimentaires. Il constitue un indicateur de la sécurité alimentaire qui est utile mais insuffisant pour déterminer les besoins éventuels d'assistance alimentaire.

 

Le projet DIAPER

Le projet DIAPER ou Programme régional "Amélioration des instruments du diagnostic per-manent pour la sécurité alimentaire régionale" était un projet d'appui technique et matériel aux services nationaux des pays membres du CILSS contribuant à la collecte de données statisti-ques sur l'agriculture et l'élevage. Cet appui devait permettre aux Etats de disposer à temps et de façon régulière d'informations relatives :

  • à la production agricole annuelle de chaque pays et de l'ensemble du Sahel ;

  • au bilan céréalier incluant, outre la production, les différents stocks céréaliers paysans, commerciaux et publics, les importations et exportations ainsi que les pertes après récolte ;

  • aux prix des céréales et du bétail sur les différents marchés ;

  • à la situation alimentaire globale de chaque pays et à l'évaluation des besoins en aide alimentaire.

Le Projet DIAPER, basé au CILSS, a démarré en 1984 avec une première phase de cinq ans (1984-1988 : DIAPER I), suivie d'une deuxième de même durée (DIAPER II : 1988-1992). La troisième phase (DIAPER III) a couvert la période 1994-2000 et concernait 8 pays du CILSS (le projet n'intervenait plus en Gambie). Le financement était assuré par l'Union européenne, dans le cadre du 6ème FED pour la phase III d'un montant total de 9 997 868 ECU. L'exécu-tion du projet prévoyait, entre autres, une prise en charge progressive des opérations de col-lecte par les Etats membres (estimées, pour l'ensemble des pays, à 995 000 ECU par an) : 27 pour cent la première année, 40 pour cent la seconde, 67 pour cent la troisième, 81 pour cent la quatrième et 100 pour cent la dernière.




Plan du site - Contact